Discours d’Édouard Philippe lors du Conseil national à Reims – 10 mai 2026


Conseil national d’Horizons

 Reims, 10 mai 2026

« Les premiers ! ». C’est ce que signifie le terme de Rèmes qui désigne le peuple gaulois ayant donné son nom à Reims. Chez Horizons, ces « premiers », nos Rèmes à nous si j’ose dire, c’est vous ! Les cadres de notre parti ! Ceux qui très tôt, dès 2021, dès cette réunion fondatrice au Havre, se sont engagés dans une aventure commune que je suis fier et heureux de mener avec vous !

Et parmi vous, les premiers des premiers, ce sont les maires !

Cher Arnaud, nous te confions ces « premiers » qui savent changer la vie de leurs concitoyens. Qui ont pris l’excellente habitude de dire la vérité à leurs électeurs parce qu’on ne peut pas tricher dans un hôtel de ville ; qui ont appris à fixer des priorités, parce qu’on ne peut pas tout faire en six ans dans une ville, et qu’il faut choisir ; qui savent conjuguer autorité et empathie, stratégie et proximité, qui sont à la fois des capitaines et des confidents ; qui savent aussi, et c’est rassurant, et c’est important, changer d’avis, reconnaître humblement quand ils ont tort, et l’assumer.

Et qui savent se faire engueuler ! On n’aime pas forcément ça, ce n’est pas très intuitif au début, mais ça fait partie du job, et ça remet les idées en place. Il y a toujours quelqu’un pour vous dire les yeux dans les yeux ce qu’une décision implique pour lui.

Des maires qui font d’Horizons un parti de « manches retroussées » au service de leurs concitoyens.

Et tout le monde ici se réjouit avec moi qu’il te revienne à toi, Arnaud, de présider cette Assemblée des maires et de devenir ainsi vice-président d’Horizons. Car tout le monde sait le travail remarquable que tu fais à Reims et tous ceux qui sont présents ici se joignent à moi pour te féliciter et te remercier de ton accueil formidable dans cette ville des premiers !

*******

Ces élections municipales étaient un test pour nous. Opérationnel, organisationnel et politique.

Pour chaque candidat, se présenter est un défi.

On dit souvent des femmes et des hommes politiques qu’ils sont portés par une ambition dévorante. Qu’ils ne pensent qu’à ça : être candidat à chaque élection qui se présente.

Je reconnais qu’en ce moment, entre ceux qui se préparent, ceux qui y réfléchissent, ceux qui expliquent que leurs amis les invitent à y aller et ceux qui ne disent rien, mais qui n’en pensent pas moins en attendant l’automne, il y a plutôt pléthore de candidats.

Mais se présenter à une élection, municipale ou une autre, n’a rien d’évident. C’est le fruit d’une réflexion intime, d’une démarche qui prend du temps, d’une méditation où se confrontent ce qui est souhaitable et ce qui est possible. C’est savoir qu’il va falloir s’exposer pour s’imposer. C’est expliquer pourquoi avec vous ça va aller mieux, tout en conservant l’humilité de savoir que pour tout le monde, y compris pour vous, ça va être difficile. On ne devrait jamais être candidat à la légère.

Alors tout le monde ici a fait campagne d’une manière qui lui était propre. Et il y a bien des manières de faire campagne.

Mais il y a eu, et c’est important politiquement, quelques constantes pendant ces élections municipales.

D’abord, bien sûr, nous avons fait l’union. Et nous n’avons pas eu l’union honteuse.

Nous, nous avons clairement dit quels étaient nos alliés ; et dit clairement quels étaient nos adversaires. Sans hésitations, sans compromissions, sans tentations curieuses.

Et puis nous nous sommes parlés. Beaucoup. Entre responsables locaux bien sur parce que les élections municipales sont d’abord des élections locales, avec des alchimies locales.

Mais entre responsables nationaux aussi.

Pour la première fois, en préparation de ces municipales, ont eu lieu des discussions entre des responsables politiques qui ne se parlaient jamais tous entre eux. Probablement parce que depuis 2024, les Républicains, Renaissance, le Modem, l’UDI, le Parti radical et nous-mêmes, participons à des gouvernements ensemble, probablement aussi parce que nous savons tous au fond de nous qu’il y a bien plus de convergences dans ce vaste socle commun qu’il n’y a de divergences. Bref, nous nous sommes parlés. Bruno Retailleau, Gabriel Attal, François Bayrou, Hervé Marseille et moi. Cela a parfois été râpeux ; mais pas souvent. Et cela a toujours été respectueux. Nous ne sommes pas toujours parvenus à nous entendre, mais les points de crispation ont été finalement très très peu nombreux.

Et puis chez Horizons, nous avons tenu nos engagements. Et je le dis parce qu’il est arrivé que d’autres soient moins clairs : sur la tenue de leurs engagements et sur la clarté de leurs alliances. Ils ont eu tort.

Nous, nous n’avons pas eu l’union honteuse. Lorsque nous étions d’accord, nous l’avons dit et même revendiqué ! Et dans les rares cas où il n’avait pas été possible de se mettre d’accord, nous avons tenu la ligne de l’union au second tour, avec des positions nettes formulées par la CNI que préside Christelle Morançais et que je veux remercier pour le travail qu’elle a fourni lors de ces municipales.

Et ces alliances et cette clarté ont été efficaces. Efficaces pour les candidats qui n’étaient pas de notre parti et que nous avons soutenu comme à Bordeaux, à Annecy, à Toulouse, à Cholet, à Calais, à Versailles, à Besançon, à Brest. Leur victoire leur appartient et il ne s’agit pas de la revendiquer à leur place. Mais elle est aussi un peu la nôtre ; en tout cas, celle des candidats Horizons qui ont été élus sur leurs listes.

Des alliances efficaces pour nous, chez Horizons. Avec de nombreuses réélections : au Havre, à Angers, à Reims bien sûr, à Pessac, à Angoulême, à Vesoul, Vannes, Rillieux-la-Pape, Ajaccio, Arles, Olivet ou Hazebrouck. Je suis bien placé pour savoir qu’une réélection est tout sauf une formalité. Ces victoires nous font honneur, nous rendent joyeux et nous disons bravo à celles et ceux qui les ont portées.

Et je veux saluer nos 150 nouveaux maires. Je pense à Anne-Florence BOURAT à Châtellerault ; à Victor BONNOT à Saint-Brieuc ; je pense à Michel CADET à Périgueux, à Gilles HAGEGE à Nogent-sur-Marne ou à Gabriel DOUBLET qui a gagné à Annemasse, ville à gauche depuis près de 30 ans. Et je veux aussi souhaiter la bienvenue à Philippe PERCHE, le nouveau maire de Montluçon ! Et tous les autres !

Un mot enfin pour saluer les candidats qui ont perdu sans se perdre. La victoire a cent pères ; la défaite est orpheline. Mais la politique c’est aussi affaire de constance et d’endurance, d’enracinement et d’obstination. Et même après une défaite, surtout quand elle est honorable, on prépare les victoires de demain. On pense à eux. Et on compte sur eux. Il y en a ici, dont nous aurons besoin pour les combats à venir et qui garderont des responsabilités chez Horizons. Parce que ce combat est commun et nous allons tous le mener ensemble.

*******

Une des choses que je retiens de cette campagne c’est l’importance de la clarté. Sur son programme. Sur ses alliances je l’ai dit. Mais aussi sur son positionnement politique.

C’est toujours instructif ces discussions sur le positionnement politique. Certains se réclament de la droite, d’autres de la gauche, d’autre disent qu’ils sont du centre, et il y en a même certains qui prétendent être d’ailleurs. Certains disent qu’ils sont la vraie droite. D’autres la vraie gauche. Ceux-là, en général, lancent des procès en excommunication à tous ceux qui ne sont pas vraiment de droite ou pas vraiment de gauche.

La vérité, c’est que plus les candidats sont légers sur l’idéologie et limités en matière de nouvelles idées, plus ils revendiquent la pureté de leur camp.

Et bien souvent les commentateurs de la vie politique, parce qu’ils cherchent à rendre les choses simples ou parce qu’ils veulent mettre les gens dans des cases, assignent à des candidats un espace politique. Lui c’est est la droite. Elle, la gauche. Lui le centre gauche. Lui on sait pas où il est. Et en fonction des espaces politiques où l’on vous assigne, vous avez tant ou tant de chances de gagner.

C’est absurde. Ça ne fonctionne pas comme cela.

Un maire, comme un président de la République, ne s’inscrit pas dans un espace politique défini par les autres. La politique n’est ni statistique, ni topographique, ni arithmétique. La politique, c’est d’abord et avant tout une dynamique. Parce qu’elle est profondément humaine.

Une campagne, c’est profondément humain, c’est tactile, c’est viscéral. Ca ne se résume pas aux frontières que certains dressent. Tous les sondages et les algorithmes ne changent rien à ça : une élection, c’est de l’humain. C’est de l’incarnation. C’est de la confiance.

Chaque candidat construit son propre espace. Un espace qui lui ressemble et qui rassemble.

Il le construit en partant de ce qu’il est, de son histoire, de ses convictions et de ses réalisations. Sans se renier, ni s’excuser.

Moi je sais d’où je viens : de la droite.

J’ai été le premier directeur général du plus grand parti que la droite et le centre ait constitué en France, l’UMP. J’ai monté ce parti pour le compte de responsables politiques qui pensaient, à juste titre, qu’en rassemblant la droite et le centre, il serait possible de gagner l’élection présidentielle et de s’assurer une majorité à l’Assemblée nationale pour gouverner le pays. Avec Jean-Pierre Raffarin, ici présent, que je salue avec amitié et reconnaissance, nous avons œuvré, lui à Matignon, dans la lumière, et moi rue de la Boétie, dans l’ombre, pour faire de cette grande idée portée par Jacques Chirac, une réalité.

J’ai été ensuite pendant 5 ans député siégeant au groupe UMP puis LR quand le parti a changé de nom avec toi Arnaud, avec toi Alain, avec quelques autres ici. Je viens de la droite :  je l’ai dit sur le perron de Matignon le jour de ma prise de fonction. Et, croyez-moi, à l’époque, ça en a surpris quelques-uns. Je sais d’où je viens et je ne vais pas m’en excuser.

Et je ne vais pas m’excuser d’avoir été le premier ministre d’Emmanuel Macron. Et je suis fier d’avoir été le premier ministre d’Emmanuel Macron lorsque réformer la France était encore un mot qui avait un sens. Je suis fier d’avoir été le seul Premier ministre de ces dix dernières années à avoir réduit en même temps le chômage, les impôts et le déficit. Je suis fier d’avoir doublé le nombre d’apprentis dans ce pays. C’est la meilleure façon pour des jeunes d’accéder à l’emploi, le meilleur système de formation, et pendant des années, on se désolait de ce qu’en France, à la différence de ce qui se passe en Suisse ou en Allemagne, l’apprentissage ne prenait pas. Nous avons, avec une grande réforme de l’apprentissage, doublé le nombre d’apprentis. Nous avons fait en sorte que l’apprentissage devienne la voie royale pour accéder à l’emploi. Croyez-moi, les difficultés qui existent sur l’emploi des jeunes ne se règleront pas autrement que par la découverte d’une métier, par la capacité à apprendre sur place. Et bien moi je suis fier d’avoir fait cette réforme de l’apprentissage lorsque j’étais Premier ministre.

Je suis fier d’avoir dédoublé les classes en CP et CE1 en zone d’éducation prioritaire. Je suis fier d’avoir commencé à recruter 10 000 policiers et gendarmes, parce qu’il y avait urgence et il y avait nécessité. Je n’ai pas fait tout ça tout seul, et je suis loin d’avoir tout réussi, mais ça, je crois l’avoir plutôt bien fait.

Et je sais également où je suis : à la tête d’un parti de droite et élu au Havre, ville populaire au sens le plus noble du terme ; une ville ouvrière et fière de l’être. Une ville dans laquelle, avec mon équipe, nous avons su construire une dynamique de rassemblement fondée sur le sérieux, l’écoute, et la capacité à tracer des perspectives. Une ville où nous avons montré que les idées de liberté et de responsabilité ne se réduisaient pas à l’électorat de droite ; une ville où nous avons montré que l’empathie et la solidarité n’étaient pas l’apanage de la gauche ; une ville où l’exigence républicaine et l’ambition rassemblent !

Je sais qui je suis et je sais où nous allons.

Un espace politique, on n’en hérite pas, on le construit.

Et donc ensemble, nous allons construire notre espace politique !

Avec des femmes et des hommes attachés aux libertés, publiques et individuelles ; aux entreprises et à l’économie de marché, sans renoncer à la protection et aux solidarités.

Des femmes et des hommes qui veulent de l’autorité pour protéger efficacement les Français : les femmes menacées ou agressées, les familles confrontées aux trafics, les jeunes exposés de plus en plus tôt à l’extrême violence, qu’elle soit virtuelle sur les écrans ou réelle dans les rues.

Des femmes et des hommes qui ont le sens de l’État, un État qui investit, organise, planifie le cas échéant, garantit l’ordre, protège les frontières et nos intérêts vitaux, sans se mêler de tout au risque de tout emmêler.

Des femmes et des hommes qui aiment leur pays, son identité, ses traditions, ses racines, sans haïr celles des autres.

Des femmes et des hommes qui savent que notre prospérité ne peut être durable si nous ne prenons pas soin de notre environnement et de notre impact sur les ressources.

Des femmes et des hommes qui veulent une France libre dans une Europe forte. Une France au cœur de l’Europe. Pas à côté. Pas loin. Au cœur.

Et je vais poursuivre ce rassemblement. Parce que l’objectif d’une présidentielle, ce n’est pas d’atteindre je ne sais quelle pureté de la droite ou de la gauche. À supposer que ça existe et que ça soit possible. Parce que mon objectif, ce n’est pas de faire gagner la droite ou d’empêcher que la gauche l’emporte. Mon objectif, c’est de faire avancer la France et de servir les Français.

Exactement comme je l’ai fait au Havre où les gens ne m’ont pas dit qu’ils voulaient un maire de droite ou de gauche, mais des solutions pour accéder à un médecin ; les Havrais m’ont dit que le vieillissement de notre société devait être mieux pris en compte, et qu’il fallait aider les aidants. Ils m’ont dit qu’ils voulaient bien croire à l’école publique, mais qu’ils étaient inquiets de son fonctionnement. Ils m’ont fait part de leurs attentes dans la vraie vie. Pas dans le monde des idées.

Ils m’ont dit combien lorsque les infrastructures de transport ne fonctionnent pas leur vie est empêchée. Si vous voulez voir un Havrais énervé, parlez-lui du train. Et d’ailleurs il aura probablement la même réaction que quelqu’un qui habite à Clermont-Ferrand. Parce qu’il y a de fait dans notre pays des villes qui s’éloignent de la centralité. Parce que la desserte ferroviaire diminue. Alors bien sûr, on peut considérer que c’est un sujet régional. Mais qu’est-ce qui se passe derrière cette insatisfaction ? Il se passe une frustration considérable, une perte de chances considérables, une perte de compétitivité considérable. Comment espérer faire du Havre le premier port d’Europe quand seulement 5 % des containers qui arrivent sont transportés par train ensuite. Là où c’est 30 à 50 % ailleurs.

Voilà ce qui intéressait mes électeurs. Voilà ce qui intéresse nos compatriotes. Voilà ce dont je leur parlerai. Et non de savoir si je suis plus à droite ou moins à gauche que le candidat d’à côté. Ca c’est du commentaire, ce n’est pas ce qui intéresse les Français.

Je vais donc proposer. Proposer pour rassembler. Un programme clair, ambitieux, précis et réalisable.

Massif dans son soutien à la politique de l’offre parce que des entreprises puissantes et en bonne santé font un pays puissant et en bonne santé. Si nous voulons être libres, en tant qu’individus et en tant que Nation, nous devons être prospères. Je n’ai aucun problème avec l’idée de redistribution des richesses, ni avec l’idée de justice sociale. La République ne serait pas la République si elle n’était pas sociale. Et elle ne sera jamais forte si elle n’est pas juste ! Mais pour redistribuer quelque chose, il faut l’avoir créé ! Nous devons produire, croitre, innover ! Nous n’avons pas besoin de décroissance, nous avons besoin de prospérité ! Nous devons donc nous lancer résolument dans une politique de l’offre qui fonctionne. Nous l’avons montré entre 2017 et 2020. Parce que quand nous créons de la richesse, nous réduisons le chômage et quand nous réduisons le chômage, nous créons de la richesse. e cercle vertueux existe, nous l’avons prouvé et il a, pour des raisons que j’ignore, été débranché.

Et notre programme, il sera massif pour garantir le rétablissement de l’ordre parce que certains quartiers et certaines rues sont plus tenus par les dealers que par la République ; et aucun centimètre carré du territoire de notre pays, en métropole ou dans les outre mers, ne doit être soustrait à l’autorité de l’Etat.

Notre programme, il sera massif dans son investissement en faveur de l’école. Une école de l’effort, de l’exigence pour tous, et de l’accomplissement de tous. Une école qui réhabilite le mérite et l’excellence. Et tant pis pour les idéologues qui ont expliqué que la méritocratie était une ruse de la bourgeoisie. Mon grand-père n’avait que son certif. Mon père a été le premier des Philippe à avoir son bac. Et je suis fier, par mon travail, et ça n’a pas été facile, d’avoir réussi tous les concours que j’ai passés. Je dois tout à l’école publique. Et mes enfants sont à l’école publique. Et c’est parce que j’aime l’école que je veux qu’elle redevienne celle de la réussite et du mérite. Et je veux que le métier de professeur redevienne ce métier envié, honoré et respecté qui était celui de mes parents.

Et comme pour l’école, nous devrons investir massivement dans notre système de santé, pour garantir son accès à tous ; nous aurons l’occasion d’en reparler, cher Arnaud, s’agissant aussi bien de la formation des médecins, de la prévention – le grand retard français en matière de médecine – que de l’intégration de l’IA dans sa pratique. Ne regardons pas les technologies de loin avec méfiance, mais intégrons-les dans notre système pour nos concitoyens.

Produire, protéger, éduquer, soigner. Tels seront les points cardinaux, l’ADN de mon projet. J’en ajouterai un cinquième : choisir. Parce que l’argent public qu’on investira massivement dans ces priorités, devra être économisé ailleurs. Massivement aussi.

Mes amis, je suis convaincu que si on s’attaque franchement aux 4 ou 5 grands blocages sur lesquels nous butons depuis des décennies, on peut très vite remettre ce pays sur la bonne trajectoire. Une trajectoire de prospérité, de puissance et de progrès. Une trajectoire qui permettra aux Français d’imaginer la vie qui va avec. Nous ne devons pas leur promettre de régler tous les problèmes. Nous ne pouvons pas régler tous les problèmes. Essayer de régler tous les problèmes, prétendre pouvoir le faire, c’est explicitement se priver de la capacité de régler ceux qui sont véritablement des problèmes. Nous devons nous concentrer sur les sujets les plus centraux, ceux qui ont le plus d’impact, et qui permettront ensuite à chaque Français de s’épanouir, d’inventer en faisant usage de son talent, de ses compétences et de ses aspirations. Faisons leur confiance pour régler les problèmes qui relèvent d’eux et occupons-nous des problèmes qui ne relèvent que de la décision de l’Etat.

Ce projet il sera massif. Mais il sera d’abord et avant tout massivement optimiste.

La France n’est pas condamnée.

Les Français ne sont pas résignés.

Nous sommes un grand peuple, peut-être jamais aussi grand que lorsque nous donnons le sentiment de nous être assoupis dans nos conforts et nos contradictions. Mais je vous le dis, ne vous laissez pas abrutir par les déclinistes et les pessimistes et les ratiocineurs professionnels ! Le destin de la France est dans les mains des Français. Il dépend de nos efforts, de notre résolution, de notre cœur, de notre constance, de notre imagination. De notre espoir ! Il dépend de nous.

*******

Un an. C’est la durée qui nous sépare des élections présidentielles. C’est à la fois très court et très long.

Un an pour exposer un programme. Pour préparer des équipes. Pour écouter et pour convaincre.

Un an, c’est court, et c’est ce qui explique sans doute pourquoi certains sont pressés. Pressés de parler aux Français. Et de leur écrire. Les deux vont souvent ensemble. Ce n’est pas une critique : j’ai moi-même pas mal écrit au cours des cinq dernières années. Et je trouve utile et sain que des responsables politiques écrivent noir sur blanc ce qu’ils pensent et ce qu’ils proposent. Mais je l’ai dit sur tous les tons – du plus fleuri au plus poli- : je ne pense pas que les Français soient en ce moment réceptifs à la course aux sondages, en cette fin d’année scolaire et au milieu d’une crise des carburants qui frappe durement leur quotidien. J’ai l’impression qu’ils ne sont pas encore dans l’élection présidentielle. Et je les comprends.

Un an, c’est court et c’est précisément pour cette raison, que ma candidature, elle, vient de loin.

Elle vient d’octobre 2021 quand nous avons créé ce parti. Elle vient de loin, car une candidature à la présidentielle, ça ne s’improvise pas ; et que contrairement à d’autres, être candidat à la présidentielle n’est pas ma profession.

Et depuis 5 ans j’ai réfléchi, j’ai écrit, et j’ai proposé. Des idées massives.

Dès juin 2023, j’ai été le premier responsable politique à dénoncer l’accord franco-algérien. Et à m’interroger sur le maintien du régime qu’il prévoit en matière d’entrée et de séjour pour les ressortissants algériens. Parce que les raisons historiques qui avaient conduit à sa conclusion ne me semblaient plus d’actualité ; et que le pouvoir algérien ne se montrait pas particulièrement coopératif pour reprendre ses ressortissants sous OQTF, ni bien disposé à l’égard de la France. Cette proposition a été accueillie froidement. On ne m’a pas traité de maboul à l’époque mais je me suis senti un peu seul. Je le suis moins. Je n’ai aucune querelle avec le peuple algérien. Je ne désire rien tant que la normalisation de nos relations avec un pays avec lequel nous partageons une histoire dure et complexe et traversée, elle aussi, de rayons et d’ombres. Mais la pénitence ou la repentance ce n’est pas pour moi. Et je le dis, avec force, avec calme, car dans ces domaines il faut être calme, je n’accepterai pas que la France offre encore des avantages à un pays qui n’a que la critique de la France à la bouche.

J’ai également fait des propositions pour renouer avec une véritable politique de l’offre, qui ne soit pas une politique des chèques. Le 6 novembre 2025, j’ai proposé aux entreprises un « deal fiscal » très simple : 50 mds d’euros de baisse d’impôts de production contre 50 mds d’euros de baisse d’aides publiques. C’est neutre pour les finances publiques. Beaucoup plus simple à gérer pour tout le monde. Valable 5 ans. Et massif.

Il faut savoir ce que c’est que les impôts de production ! Ce sont des impôts que l’entreprise paye même quand elle ne gagne pas un euro. Parfois avant même de commencer à produire vraiment. Imaginez : commencer à payer des impôts avant d’avoir gagné le moindre euro. On ne s’étonne pas que percer en France, ce soit l’apanage des gens dégourdis, débrouillards… Les entrepreneurs français n’ont pas besoin d’aides publiques, ils ont besoin de moins d’impôts, de moins de taxes, de plus visibilité et de plus stabilité. Ce simple changement leur permettra d’être plus compétitif à l’égard de nos partenaires européens.

Et comme je suis maire d’une grande ville portuaire, je fais face depuis des années à l’explosion du trafic de drogue. Je l’ai vu débarquer par tonnes entières ; j’ai vu des douaniers et des dockers se faire menacer de mort, eux et leur famille ; j’ai vu ce trafic gangréner nos quartiers et nos campagnes ; j’ai vu ce trafic ronger la cohésion sociale et corroder l’autorité de l’Etat ; j’ai vu la corruption commencer à se glisser. On estime que 30 % du prix d’un produit stupéfiant est lié à la corruption ou à la logistique au minimum. Alors j’ai proposé le 8 décembre 2025 d’instaurer ce que j’ai appelé un « état d’urgence narco trafic », conçu sur le modèle de ce que nous avons fait pour lutter contre le terrorisme, applicable à certains endroits, dans certaines conditions et évidemment sous contrôle.

Face à la menace terroriste, nous avons réussi à réorganiser l’action administrative et judiciaire, à créer un droit qui permettait d’intervenir lourdement, et nous avons obtenu des résultats. Pas parfaits, il n’y a pas d’assurance totale, mais des résultats qui ont conduit les forces de l’ordre, depuis maintenant 10 ans, à empêcher la commission sur notre sol d’actes terroristes. Et bien cette réorganisation, ces moyens juridiques nouveaux, nous devons les mettre au service d’un combat qui me paraît au moins aussi important que le combat contre le terrorisme car il est une menace aussi importante sur notre République et sur notre tissu social. Un état d’urgence permettant de mener des perquisitions administratives et confisquer de manière massive l’argent de la drogue. Les trafiquants ruinent nos quartiers ? Nous les ruinerons.

Certains ont, depuis, repris l’idée. J’en déduis qu’elle est bonne. Et je me réjouis à l’avance que d’autres idées soient avancées dans la campagne.

Et je m’engage non seulement à en proposer beaucoup, mais à écouter celles des autres et à reconnaître qu’elles sont bonnes quand ce sera le cas ! Parce que les autres ont aussi des bonnes idées. Quand il s’agit de la France, il ne faut pas être obnubilé par les droits d’auteurs ! Ecouter entendre, non pas récupérer, mais reconnaître que parfois d’autres ont de bonnes idées. Je m’engage à le faire de façon objective pendant cette campagne.

*******

Mes amis, nous avons fait et dit beaucoup depuis 2021. Beaucoup plus que ce que disent les commentateurs. Nous avons fait des propositions. Nous avons construit un parti, un parti à nous, un parti uni, un parti où on ne se pose pas la question de savoir qui sera candidat à la présidentielle. Un parti avec des militants, des cadres, des élus locaux, des parlementaires. Un vrai parti. Pas un club. Pas un groupe de réflexion. Pas un groupe de parole. Quelque chose qui a pour objectif par un maillage sur tout le territoire de produire un effet et de conquérir démocratiquement le pouvoir.

C’était nécessaire pour défendre nos idées. Alors nous l’avons fait.

Mais ce qui est devant nous est d’une autre nature.

En ce 10 mai à Reims, mes chers amis, on bascule dans une autre séquence, qui nécessite une autre organisation, un autre rythme. Une séquence qui exigera que nous dépassions notre parti, que nous ouvrions les bras à d’autres, venus d’ailleurs, que nous fassions confiance à des nouveaux visages et à des nouveaux talents.

Horizons va continuer à exister, mais les douze mois qui s’annoncent vont m’obliger à me détacher du fonctionnement quotidien du parti. Et à mettre en place une organisation dédiée de campagne qui sera plus large et plus ouverte.

C’est la mission que j’ai confiée à la direction de campagne que je viens de nommer. Une direction collégiale composée de trois personnes : Marie Guevenoux qui, avant d’avoir été députée, questeure de l’Assemblée nationale et ministre, a eu une longue expérience militante qui a commencé à la présidence des jeunes UMP. Et qui détient un réel savoir-faire dans la conduite d’une campagne. Elle a toute ma confiance et mon amitié. Avec elle, vous trouverez Gilles Boyer, ami et compagnon de route de toujours et Christophe Béchu qui, en plus d’être un maire talentueux, a lui aussi toute ma confiance. Leur rôle à tous les trois : organiser les mobilisations des prochaines semaines. Et finaliser d’ici l’été, le dispositif de campagne : structures juridiques, financement, siège, organigramme, opérations. Sur chacun de ces points, nous sommes plus avancés que ce qu’imaginent les commentateurs. Nous aurons l’occasion de le démontrer.

Cette direction collégiale va me permettre de monter en puissance dans mes déplacements. Dans nos déplacements car je ne vais pas être le seul à faire campagne. Je compte sur vous, y compris sur vous maires qui avez été très occupés. J’ai besoin que vous aussi vous vous mettiez en route. Vous devez aujourd’hui porter la parole, l’expérience, la vision et les idées qui sont les nôtres partout sur le terrain, parce que vous êtes des voix attendues, des références et parce que l’expérience qui est la vôtre est précieuse pour les Français, qui vous écoutent probablement plus volontiers que tout autre élu de la République. C’est cruel pour les autres, que nous aimons tendrement, mais c’est une réalité : les maires ont un rôle particulier sur lequel nous devons nous appuyer pour convaincre les Français.

J’étais dans le Finistère en avril avec son talentueux président de conseil départemental, Maël DE CALAN, pour parler de l’avenir de la pêche ; j’étais en Haute-Garonne cette semaine, avec le maire de Toulouse, Jean-Luc MOUDENC, brillamment réélu au terme d’une campagne difficile, vainqueur dans des conditions impressionnantes, pour parler d’industrie aéronautique, de qualification et de formation. Cela fait trois ans que je me déplace chaque semaine dans un département pour écouter ce que les Français veulent me dire. Et je compte bien poursuivre et accélérer, parce qu’on me dit beaucoup de choses pendant ces déplacements.

On me parle de ce qui marche, car il y a quand même beaucoup de choses qui marchent dans ce pays et merci à celles et ceux qui les font marcher. Ces déplacements s’apparentent bien souvent à une « tournée de ceux qui font tourner la France » : soignants, entrepreneurs, artisans, forces de l’ordre, agriculteurs qui forcent le respect. Ne laissez jamais penser que tout irait mal. Notre pays a des talents incroyables, il faut les reconnaître et les encourager.

Mais on me dit aussi ce qui marche moins bien qu’avant : l’école, le sujet revient toujours ; les déserts médicaux, autre sujet de colère légitime ; l’insertion professionnelle des jeunes ; la nouvelle relation au travail, qui transforme la façon dont les jeunes et les moins jeunes appréhendent leur métier, et nous devons adapter notre société à cette nouvelle réalité ; la délinquance, en particulier le trafic de drogues, et d’une manière plus générale, le climat de violence qui se répand dans la société.

On me parle d’incivilités. Je suis frappé par le nombre de personnes qui me parlent d’incivilités. Les gens oublient qu’ils ont une partie de la liberté des autres dans leurs mains. Ces incivilités peuvent être dérisoires en termes de gravité, mais elles sont toujours choquantes. Mais, dans notre vieux pays latin, notre vieux pays gaulois qui aime se quereller, on gagnerait, je crois, à rappeler à chacun que le bien-être collectif dépend de ce que nous faisons individuellement.

Il y a ce qui désespère, ou qui exaspère : des usines qui ferment, des usines qu’on ne peut pas construire assez vite parce que nos procédures semblent avoir été conçues pour être certain que l’autorisation arrive trop tard  (quand elle arrive) ; un travail qui ne paye pas assez, pas assez par rapport à ceux qui ne travaillent pas, pas assez pour nourrir sa famille et se loger (et je ne parle pas d’acquérir un logement) ; un Etat omniprésent et impuissant ; des services publics qui s’éloignent ; les coups de boutoir répétés que subit la laïcité ; un modèle d’intégration dont la France a longtemps été fière mais qui semble désormais incapable de fonctionner correctement.

Il y a enfin ce qui énerve très sérieusement : le sentiment que ceux qui respectent les règles sont moins bien traités que ceux qui ne les respectent pas.

Nous avons assisté il y a une semaine à un grand débat sur la possibilité de travailler ou non le 1er mai. Sur la sévérité des sanctions d’une règle édictée le 1er mai. Et dans le même temps il y avait 17 000 pimpins sur un terrain militaire, qui faisaient la fête, mais qui n’avaient manifestement par le droit d’être là. On va le dire comme ça. Mais on ne peut pas accepter dans ce pays que l’Etat soit impitoyable avec ceux qui essaient de respecter les règles et totalement désinvolte avec ceux qui n’en ont rien à faire.

Je serai toujours du côté de ceux qui respectent les règles, de ces millions de Français qui travaillent et qui se taisent.

Ces déplacements continueront. Parce qu’un candidat à la présidentielle doit connaître intimement son pays. Au Havre, dans ma ville, j’ai un souvenir et un contact et un projet dans presque chaque rue. On ne devient pas Président parce qu’un jour on s’est dit que les sondages étaient bons. On doit se préparer. On doit s’enfoncer dans son pays. On doit l’apprendre avant de l’incarner. Et il faut donc y consacrer du temps, y retourner, parcourir, apprendre, écouter, inlassablement, ce que notre pays a à nous dire.

Je veux aussi d’ici l’été, tester certaines de nos propositions, parce qu’on ne construit pas un projet sérieux sans le confronter à la réalité. Et j’ai souvent vu d’excellentes idées se fracasser sur la réalité. Nous allons donc lancer une grande consultation des Français, parce que je veux tout leur dire avant l’élection pour tout faire après. C’est une formule qui n’est pas de moi, mais elle est belle.

Tous les maires qui sont dans la salle savent ce qu’est une réunion d’appartement. Moi j’adore ça. On y parle de choses sérieuses, de santé, d’école, de sécurité, mais sans se prendre au sérieux. On rencontre des gens qui ne pensent pas comme nous. On prend le temps du débat, sans chichis, sans caméras. Au Havre, lors de la dernière campagne municipale, j’ai fait plus de 110 réunions d’appartement. En 2014, pour ma première élection 132. Et c’est dans ce format, que je veux que nous nous adressions aux Français.

Le 25 juin, nous tiendrons la plus grande réunion d’appartements jamais organisée dans le pays. 15 000 Français reçus – pas chez moi, ça risque de faire un peu petit – mais chez vous et chez nos militants, dans le cadre de 1 000 réunions d’appartements en simultané.

Des réunions où il ne sera absolument pas interdit de boire un verre – avec modération bien sûr – et de ne pas être d’accord avec ce que nous proposons. Mais, d’accord ou pas d’accord, on débattra, on s’écoutera. Et dans le respect et la bonne humeur, ce qui changera du climat ambiant. Et je serai bien sûr avec vous. Pas physiquement, mais depuis chez moi, où j’aurai invité quelques amis. Je pourrai écouter, répondre et poser des questions, comme à la maison.

Le 25 juin, invitez vos amis, ceux qui ne nous connaissent pas ou peu ; ceux qui doutent ; voire ceux qui veulent juste boire une bière ou un café avec moi. Je compte sur vous.

J’ai également demandé à Christelle Morançais d’entamer dès la semaine prochaine, sur le terrain, partout en France, une grande consultation des chefs d’entreprise et des fédérations professionnelles pour identifier les complexités qui les empêchent d’aller plus vite. Une fois ces obstacles répertoriés, nous préparerons une ordonnance de suppression, que nous ferons adopter juste après les élections. On ne va pas faire des simplifications, on va faire des suppressions. Parce que la simplification, c’est rajouter du droit. Et on ne va pas le faire qu’à moitié. Je demande à Christelle, et je lui fais confiance, d’être ambitieuse.

Je consulterai également à partir de septembre les partenaires sociaux sur mon agenda social 2027-2032 pour recueillir leurs observations et leurs propositions.

Sur les retraites, l’emploi des jeunes et des seniors, le financement de notre modèle social, le temps de travail, la diminution du chômage… Dont je crains que les mois qui viennent donnent lieu à un retournement. Je ne suis pas optimiste. La crise économique arrive. L’augmentation du prix du pétrole un impact sur le fonctionnement de notre économie : les investissements diminuent, le chômage et, celui des jeunes avec l’intelligence artificielle notamment, donne des perspectives qui ne sont pas réjouissantes.

Sur tous ces sujets, nous aurons besoin d’aller tester nos idées avec les organisations syndicales. Je veux leur dire ce que nous sommes décidés à mettre en œuvre, ce que nous pouvons discuter et ce que nous pouvons construire ensemble. Je crois au dialogue social avant l’élection. Je crois au dialogue social après l’élection, sur la base du mandat que les Français nous aurons confié. Et je crois que nous aurons tant à faire en 2027 qu’il n’est pas inutile de commencer à y travailler dès aujourd’hui.

Enfin, je veux que les jeunes puissent durant toute cette campagne nous exprimer leurs aspirations, leurs angoisses, leurs espoirs. Je ne suis pas assez sur TikTok disent certains, mais je ne suis pas sur que ce soit le seul moyen de s’adresser aux jeunes. On ne gagnera pas cette élection sans eux. Et on ne construira pas la France de demain sans eux. J’ai demandé à Marine Cazard de lancer une campagne de consultation des jeunes Français  … et quelque chose me dit qu’elle va se voir !

Nous allons consulter les Français, mais nous allons aussi à tracer des perspectives.

Le 5 juillet, nous organiserons notre premier grand meeting à l’Adidas Arena. Dès demain nous lancerons une grande campagne de mobilisation en vue de cet évènement. Je compte sur vous pour mobiliser un maximum dans vos communes et vos départements. Et pour profiter de cet évènement pour faire adhérer massivement.

Et après l’été nous poursuivrons notre accélération en proposant aux Français ce que nous croyons bon pour le pays. La présidentielle  se tient au printemps mais c’est à l’automne puis pendant l’hiver que la décision se joue. Il faut donc tenir la distance, comptez sur moi.

Mes amis, nous avons du pain sur la planche !

Et nous ne devons pas oublier non plus que l’élection qui vient sera une élection de recomposition. Pour l’emporter bien sûr ; et pour gouverner ensuite, il faudra construire une majorité. Proposer une majorité législative nouvelle, ouverte, rassemblant explicitement la droite et le centre et refusant explicitement le mirage d’une union avec la droite extrême. Je suis convaincu que les électeurs nous la donneront tant chacun a pu constater le désastre que constitue, pour notre pays, l’absence de majorité et l’immobilisme atterrant qui en résulte.

Nous construirons cette majorité. Elle sera solide, disciplinée, alignée sur l’essentiel, mais aussi diverse. Et sans refaire l’UMP, car on ne peut pas être et avoir été ; et que « beaucoup de poutres ont beaucoup travaillé » ces dix dernières années.

Il s’agira de bâtir quelque chose de nouveau, de cohérent et de stable. A tous ceux qui partagent cette conviction, y compris dans les autres formations politiques qui existent dans ce vaste espace politique de la droite et du centre, je tends bien volontiers la main.

Alors nous y voilà !

A partir d’aujourd’hui, chaque jour compte. Le temps perdu ne se rattrapera pas. Et pour paraphraser un auteur cher à mon cœur (Dumas, « Monte-Cristo ») : « Il ne faut, pour que ce plan réussisse, que du courage, vous en avez ; que de la vigueur, je nen manque pas. Je ne parle pas de la patience, vous avez fait vos preuves et je ferai les miennes. »

*******

Quelques mots pour terminer sur l’esprit dans lequel je souhaite conduire cette campagne et sur les principes qui la guideront. Ils sont au nombre de cinq.

Premier principe : la liberté.

Ma liberté de m’adresser aux Français, comme je le sens, quand je le sens, et comme je suis. Avec mon cœur, avec mes mots et avec mes tripes. Sans petit calcul, ni stratégie marketing. Sans me plier aux exigences des commentateurs ou de ceux qui ont leur propre agenda. D’abord parce qu’en politique, on n’est jamais aussi efficace que lorsqu’on est soi-même.

Et puis, lors d’une présidentielle, on élit un homme ou une femme. Avec son histoire, son identité, ses expériences, réussies ou moins réussies, ses convictions. Et avec ce qu’on perçoit de sa capacité à conduire le pays d’une main ferme et sûre. Et ça, mes chers amis, il n’y a que moi qui puisse le sentir et l’exprimer.

C’est ce qu’a voulu le général de Gaulle en décidant de l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Cette fameuse rencontre, parfois un peu insondable ou mystérieuse, entre un homme ou une femme et le peuple français. Une rencontre qui est à la fois publique, politique et intime. Cela fait cinq ans que je me prépare. Je suis prêt.

Deuxième principe : la vérité.

Qui s’oppose aux mensonges. A ceux que nous nous servons depuis des années, parfois avec les meilleures intentions du monde.

Nous nous mentons lorsque nous pensons qu’il serait juste de défendre l’actuel modèle social alors qu’il fait peser sur des jeunes actifs de moins en moins nombreux, le poids de dépenses sociales de plus en plus lourdes.

Nous nous mentons quand nous nous gargarisons de l’école de la République, alors que de tous les pays de l’OCDE, elle est celle qui reproduit le plus les inégalités sociales, et dont le niveau baisse le plus vite.

Nous nous mentons quand nous faisons mine de croire qu’il est logique de déplorer la baisse de notre pouvoir d’achat, tout en refusant d’envisager de travailler collectivement un peu plus et un peu plus longtemps.

Nous nous mentons quand nous prétendons redevenir une grande puissance libre, respectée et souveraine, tout en empruntant toujours plus à des fonds de pension étrangers et en nous plaçant dans la main des marchés financiers.

Je continuerai de dénoncer ces mensonges pour faire de cette élection un moment de vérité. Et pour que les Français puissent trancher en toute conscience.

Comptez aussi sur moi pour dénoncer postures et changements de pied. Dont certains, comme le RN, sont devenus des champions toute catégorie. En quelques années, le RN a changé de position sur quelques sujets incroyablement importants sans expliquer pourquoi.

Sur l’euro, ils étaient contre et maintenant ils sont pour. Pourquoi, vous ne savez pas, moi non plus. Personne ne sait.

Sur l’Europe, ils étaient contre et maintenant ils ne sont plus contre sans être pour. En juin 2015, Mme Le Pen était surnommée « Mme Frexit ». Mais ça, c’était avant que d’autres populistes, au Royaume-Uni, plongent leur pays, ses entreprises, ses agriculteurs, et ses classes moyennes dans le marasme du Brexit. Alors ils veulent enlever le drapeau européen sans quitter l’Europe mais en promettant tout ce qui conduira nos partenaires à rompre avec nous.

Sur le droit à l’avortement, Mme Le Pen était contre. Et maintenant elle est pour.

Sur les retraites, c’était le retour à 60 ans. Plus maintenant. Sur l’Otan c’était le retrait. Plus maintenant. Pourquoi ? On ne sait pas.

Notez bien qu’il y a quand même quelques sujets sur lesquels le RN ne change pas. « Maréchal nous voilà » diffusé à Carpentras. Par erreur dit la mairie. Ils avaient le disque, à côté de celui de la Marseillaise, ils se sont trompés. C’est ballot. Et puis le nouveau maire de Vierzon qui pense que c’est une bonne idée de ne pas célébrer l’abolition de l’esclavage et sa désignation de crime contre l’humanité.

La vérité c’est qu’il n’y a pas un RN, mais deux RN. Il y a le RN « nouvelle génération », qui fait les yeux doux au CAC 40, aux entreprises et aux patrons, qui dénonce l’assistanat, c’est le RN libéral ; et il y a le RN « canal historique » si je puis dire, pro-dépense publique, pro-assistanat, le RN étatiste qui promet beaucoup, sans rien financer. Le RN n’est pas, comme il le dit, « ni de droite, ni de gauche », mais « parfois très à droite et souvent très à gauche ». Si j’osais je vous dirais volontiers que le RN, c’est le nouvel « en même temps ».

La question est : « Où veulent-ils conduire le pays ? ». Gagner des élections, c’est bien. Mais pour quoi faire ? Moi, je sais pourquoi je veux gagner cette élection présidentielle :

Pour redonner à la France sa puissance, sa prospérité et sa liberté.

Pour réduire le déficit public et la dette. C’est nécessaire, on va le faire.

Pour mieux rémunérer le travail, tout en garantissant le financement de notre solidarité.

Pour reprendre le contrôle de l’immigration familiale, tout en permettant à nos restaurants, à nos entreprises du BTP, à nos exploitants agricoles, à nos EHPAD de recruter la main d’œuvre dont ils ont besoin pour occuper des postes que personne ne veut occuper aujourd’hui.

Pour ramener de l’autorité, de l’exigence, de l’effort à l’école. C’est nécessaire, on va le faire.

Pour aider les entreprises françaises à se développer, à grandir, à gagner des parts de marché, à exporter et à embaucher. C’est nécessaire, on va le faire.

Pour redonner du pouvoir d’achat aux Français, pas en multipliant les chèques en bois – de toute façon, on l’a vu avec la crise des carburants, on n’en a plus les moyens – mais en encourageant à travailler. C’est nécessaire, eh bien mes amis, on va le faire aussi !

Troisième principe qui guidera cette campagne : le respect.

Respect de mes adversaires. La politique est déjà assez violente ; ne comptez pas sur moi pour en rajouter. La vérité n’a pas besoin de provocation, et je suis plutôt du genre « calme obstiné ». Je vous propose cette autre attitude, un brin révolutionnaire : écouter et non rejeter ; expliquer plutôt qu’asséner ; préciser plutôt que caricaturer ; faire prévaloir la démonstration sur la posture. La meilleure façon de se faire entendre ça reste de bien se faire comprendre.

Quatrième principe : la détermination. La mienne est totale. Je suis massivement déterminé à combattre des idées dangereuses. C’est vrai du RN, comme de LFI, dont les dangers ne sont pas de même nature, mais d’une égale intensité, ou gravité.

Oui les idées du RN sont dangereuses pour notre pays. Dangereuses pour son unité dans une période où depuis l’étranger et parfois sur notre sol, nos ennemis multiplient les ingérences pour nous diviser et nous affaiblir. Dangereuses pour son indépendance à l’heure où la Russie menace les frontières et la liberté de l’Europe. Dangereuses pour la stabilité financière de notre pays au moment où les taux d’intérêt grimpent à la moindre incertitude.

Et dangereuses pour le pouvoir d’achat. Regardez ce que Donald Trump, qui fascine tant monsieur Bardella, a fait au pouvoir d’achat des classes moyennes américaines avec ses droits de douane et ses guerres au Moyen-Orient. Il y a une formule qui est juste et vraie : le populisme finit toujours par se retourner contre le peuple !

Et oui, les idées de LFI sont dangereuses ! Dangereuses pour notre sécurité et pour notre police à un moment où les trafics explosent. Dangereuses pour nos entreprises et pour les contribuables alors que la pression fiscale n’a jamais été aussi haute. Dangereuses pour notre République indivisible et laïque dans un contexte de repli communautaire et d’entrisme, où ce parti joue sur l’ambiguïté antisémite.

Nous ferons tout pour leur barrer la route, car ces idées remettent en cause ces principes républicains qui constituent le socle d’une grande partie de la droite et de la gauche : l’universalisme, l’émancipation, la lutte contre l’antisémitisme.

A la prétendue « Nouvelle France » que nous propose Mélenchon, je préfère « la République éternelle », celle qui repose sur le mérite républicain à l’école, celle qui ne réduit personne à sa religion ou à son origine, celle qui ne veut pas interdire les succès éclatants de quelques-uns mais qui propose à chacun de s’élever. La République. Eternelle pour autant qu’on la défende et qu’on se batte pour elle !

La ligne du RN, c’est la colère. Celle de LFI, c’est le conflit. Mais leurs idées sont également destructrices. C’est leur but : détruire pour gagner. Gagner pour détruire. Y compris ce qui marche bien, voire très bien. Le chaos ne peut pas être un projet politique car l’histoire montre avec une constance terrible que les tables renversées ne produisent en général, que des dégâts et des perdants. Souvent au détriment des plus fragiles. Je me battrai pour proposer autre chose aux Français. Et ramener un peu de calme, de clarté et de raison dans le débat présidentiel qui s’annonce sportif.

Dernier principe : rassembler. Et non diviser en jouant les uns contre les autres : le pouvoir politique contre les syndicats, les entreprises contre les salariés, les classes aisées contre les classes plus populaires, les aînés contre les jeunes.

C’est tellement facile de diviser ! Et tellement pratique ! Plus besoin de trouver des solutions puisqu’on tient des coupables : les riches, les boomers, les immigrés, l’élite politico-médiatique, les pauvres, les fainéants, les musulmans, les patrons.

Moi je parlerai à tout le monde. Je ne chercherai ni à séduire, ni à manipuler, encore moins à assigner un électeur à ses origines sociales ou culturelles.

Je parlerai à tout le monde. Des mêmes sujets. Et en des termes identiques. Vous savez pourquoi ? Parce que c’est ce que je fais depuis le début au Havre, et que ça marche plutôt bien.

Liberté, vérité, respect, détermination, rassemblement, voilà pour ces principes. Je vous demande, mes amis, de vous y conformer comme moi je m’engage à le faire. Je pourrais y ajouter l’enthousiasme. Parce que nous avons la chance unique de pouvoir proposer un projet aux Français. Un projet que nous aurons pensé, travaillé, concerté. Et la chance de le faire dans un parti uni, sans lutte d’égo, ni de préséance, et qui dispose d’un candidat incontesté. C’est rare, et comme tout ce qui est rare, c’est précieux.

*******

Le 18 mars dernier, le président de la République a dévoilé le nom du porte-avions destiné à remplacer le Charles de Gaulle. Un nom, « France Libre », qui sonne comme une évidence, celle du passage de témoin entre le général et son ombre portée, entre l’homme qui a dit non et ceux qui lui ont dit oui. Mais qui sonne aussi comme une exigence. Une magnifique exigence. La plus belle et, je crois, la plus humaine qui soit : la liberté.

Mes amis, en cette veille de campagne, deux ambitions m’animent. Pas depuis ce printemps, mais depuis de nombreuses années, peut-être même depuis les premiers jours de mon engagement politique. Je n’aurais peut-être pas pu ou su le formuler à l’époque. Comme souvent, avec le recul ou l’âge, l’essentiel se précise.

Ma première ambition, c’est de faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour que nos enfants puissent construire sereinement leur vie. C’est le fameux « voir loin pour faire bien » d’Horizons. Je veux voir loin, pour faire bien pour eux.

J’ai beaucoup aimé la France de mon enfance. Mais ce qui m’importe aujourd’hui c’est la France de mes enfants. J’en ai trois. Je les aime. Un jour je l’espère ils auront eux-mêmes des enfants. Je ne suis pas pressé, et j’ai l’impression que eux non plus.

Mais ces petits enfants que je n’ai pas encore, je les aime déjà. Et tous ici, et tous ailleurs, que nous soyons urbains ou ruraux, riches ou pauvres, de droite ou de gauche, nous aimons ceux qui viendront après nous. Ceux qui seront la France de demain. Nous leur devons de tout faire pour qu’ils vivent mieux que nous, pas moins bien que nous.

Je veux laisser à mes enfants et petits-enfants, une France dont les comptes sont sains, et la dette maîtrisée. Une France sûre, pacifiée, apaisée et confiante. Une France puissante, capable de se défendre. Une France qui aura su adapter ses villes, ses logements, son agriculture, au changement climatique. Une belle France.

Ma seconde ambition, c’est la liberté. Une liberté qui constitue un but en soi. Pour chacun d’entre nous ; pour les autres ; et pour notre Nation. Cela peut sembler galvaudé, mais croyez-moi, nous sommes dans un monde où il est facile de devenir esclaves. Esclaves d’empires plus puissants que nous, esclaves d’une technologie débridée, esclaves de nos passions, de nos colères ou de nos lâchetés. La liberté est le grand combat du siècle pour la France et les Français. C’est la grande querelle de l’Homme dont nous parlait le général.

Cette liberté, elle ne se décrète pas. Elle se construit ; elle se consolide grâce à des choix.

Choix de dépenser moins et mieux pour nous libérer des marchés financiers.

Choix d’investir massivement dans l’école pour libérer des déterminismes et des obscurantismes.

Choix de réformer le financement de notre modèle social, pour ne pas subir la crise démographique.

Choix de reprendre la main sur notre politique migratoire, pour décider librement qui peut rester dans notre pays et qui doit le quitter.

Choix d’investir massivement dans notre système de santé pour nous libérer, aussi longtemps que possible, des conséquences de la maladie et de la souffrance.

Choix, mes chers amis, de construire des infrastructures énergétiques pour assurer notre souveraineté et libérer le pouvoir d’achat des Français des hausses du pétrole issues de guerres que nous n’avons pas souhaitées.

Choix d’assurer un strict respect de la laïcité républicaine, pour garantir le libre exercice des cultes, sans prosélytisme, obscurantisme religieux, ni religion d’État.

Choix de défendre notre culture et leurs auteurs, pour continuer à créer librement.

C’est cette France libre que je veux.

Une France libre de se défendre contre ses ennemis lorsqu’ils la menacent !

Une France Libre de dire la vérité à ses amis quand ils se trompent.

Une France Libre de se construire un destin à 27 !

Et  une France libre de faire cavalier seul, quand il le faut !

Mes amis, haut les cœurs, cette France libre, elle nous appelle ! Nous allons la construire.

Vive Reims, Vive la République, et Vive la France !

Agenda

23
05
2026

Réunion et apéritif à Séné !

Le comité Horizons du Morbihan a le plaisir de vous convier à une réunion, suivie d’un moment convivial autour d’un apéritif, à le samedi 23 mai à 11h à Séné. Cette rencontre se déroulera en présence d’Anne Le Hénanff, Ministre déléguée en charge de l’Intelligence artificielle et du Numérique, de Michel Criaud, Député de la première […]
18
05
2026

Rencontre des adhérents du 16e arrondissement autour d'Arnaud Péricard, Porte-Parole d'Horizons !

Julie Boillot, Conseillère de Paris et Déléguée Municipale, a le plaisir de vous inviter pour un moment d’échange privilégié le lundi 18 mai à 19h30 à la Favorite ! Cette rencontre se déroulera en présence d’Arnaud Péricard, Porte-Parole d’Horizons, Maire de Saint-Germain-en-Laye et Conseiller Départemental des Yvelines.  Nous vous invitons à vous inscrire, en cliquant sur le […]
06
05
2026

Temps convivial autour d'Édouard Philippe à Toulouse !

À l’occasion de sa visite en Haute-Garonne, nous avons le plaisir d’accueillir Édouard Philippe, Maire du Havre et président d’Horizons, lors d’un temps convivial à Toulouse mercredi 6 mai à 18h15 au Gaïa. Cette rencontre se déroulera également en présence de Pierre Médevielle, sénateur Horizons de la Haute-Garonne et délégué départemental Horizons, Jean-François Portarrieu, député de la 5ème circonscription […]
(ré)Adhérer Donner Boutique